Frammenti d'autore

Le vaisseau fantôme

💬 [Il vascello fantasma]

Avant-propos

Le présent livre n'est pas une œuvre d'imagination romanesque mais le récit tout net d'événements vécus par moi – des faits sans enjolivement et qui ne sont malheureusement que trop vrais. Il fournit la première relation authentique du début de la révolution irlandaise de Pâques 1916 en tant qu'elle con-cerne Sir Roger Casement. Ce qui m'est arrivé en tant que commandant du Libau et, par la suite, durant ma captivité en Angleterre, contient assez de romanesque en soi pour que le simple récit des faits suffise à satisfaire le lecteur le plus friand de récits d'aventures et principalement les jeunes gens.

Les journaux étrangers, les anglais surtout, ont parlé pendant des mois de l'opération du Libau à l'occasion de la révolte irlandaise. L'imagination se donna alors libre carrière, les documents authentiques faisant défaut. Le gouvernement britannique seul, grâce à son remarquable service d'espionnage, sut quelque chose de plus précis mais, pour d'excellentes raisons, il le garda pour lui. Un peu avant ou bien un peu après que j'eusse quitté les eaux allemandes avec le Libau pour aller porter à l'Irlande révoltée contre l'Angleterre des armes et des munitions, le gouvernement de Londres connaissait déjà le plan allemand dans tous ses détails. D'après les rapports anglais il est irréfutablement établi que Wilson lui-même (qui à ce moment-là était encore soi-disant neutre) avait averti l'Angleterre de l'arrivée du Libau. Selon une information de la Koelnische Zeitung, des papiers auraient été volés dans le métropolitain, à Washington, au secrétaire d'ambassade v. J., papiers qui se rapportaient à nos plans secrets relatifs à l'Irlande! Si je suis parvenu, malgré cela, à forcer les lignes de surveillance anglaises du Cattegat, du Skagerrak, de la mer du Nord et de l'Atlantique septentrional et à gagner la côte irlandaise, c'est surtout au dévoûment et au zèle de mon équipage que je le dois. L'histoire du «vaisseau fantôme», du nouveau «Hollandais volant», comme on nous appela alors, passionna l'Angleterre pendant des mois et nous pouvons nous vanter d'avoir causé bien du souci aux Anglais!

Afin de détruire des affirmations controuvées et les faux bruits qui ont circulé, particulièrement à l'étranger, sur mon opération en Irlande et sur sa préparation, je crois nécessaire d'insister sur les trois points suivants:

1º L'Allemagne avait le droit, internationalement parlant, de soutenir les Irlandais dans leur lutte d'affranchissement.

2º Contrairement à l'opinion anglaise admise jusqu'à ce jour, notre Kaiser n'a ni conçu l'opération, ni poussé à son exécution.

3º Si mon opération n'a malheureusement pu être menée à bonne fin, c'est uniquement à cause d'une indigne trahison.

Bien entendu on ne put rien publier en Allemagne, pendant la guerre, au sujet de cette affaire. Tout aveu de notre part, ou de la part de notre gouvernement, que nous voulions faire cause commune avec les Irlandais, nous aurait infailliblement coûté la tête car le soi-disant «droit international», comme je l'ai déclaré ailleurs, n'était déjà plus à ce moment qu'un mot vide de sens, les Anglais l'ayant depuis longtemps jeté au rebut. Le gouvernement allemand d'après-guerre n'avait naturellement plus aucun intérêt à publier quelque chose sur cette affaire d'Irlande déjà vieille de deux ans. C'est ce qui explique qu'on n'ait, autant dire, rien su de notre opération jusqu'à aujourd'hui.

Si je publie aujourd'hui ce livre, plusieurs années après l'ignominieuse exécution de Sir Roger Casement en Angleterre, ce n'est nullement pour enrichir la collection des nombreuses «révélations» de ces derniers temps, mais seulement parce que c'est pour moi un devoir et un besoin d'exposer sous cette forme ce que doivent à la petite et vaillante troupe qui m'accompagna alors l'Allemagne et aussi le peuple irlandais pour lequel ils ont risqué leur vie et souffert. [...]
✦ Capitaine Karl Spindler. Le vaisseau fantôme: episode du complot de Sir Roger Casement et de la révolte irlandaise de Pâques 1916. Payot, 1929

Il «vascello fantasma» era il Libau, comandato da Karl Spindler e inviato dalla Germania a sostegno del progetto nazionalista irlandese di Sir Roger Casement, legato alla preparazione della Rivolta di Pasqua del 1916 contro il Regno Unito. Nelle stive trasportava segretamente circa ventimila fucili, munizioni ed esplosivi – in gran parte materiale catturato ai russi – destinati agli Irish Volunteers. Ma l'impresa fallì: intercettato dalla marina britannica presso le coste del Kerry, Spindler preferì autoaffondare la nave piuttosto che consegnarne il carico al nemico, e finì prigioniero di guerra. Casement, sbarcato separatamente da un sommergibile tedesco, era già stato arrestato; processato per alto tradimento, sarebbe stato impiccato nella prigione di Pentonville, a Londra, il 3 agosto 1916. È questo retroterra a dare alla prefazione il suo tono singolare: Spindler vuole sottrarre la vicenda alla leggenda e ricondurla ai fatti, ma i fatti stessi – spionaggio, armi clandestine, una nave camuffata, una missione disperata e il naufragio finale – possiedono già tutta la materia del romanzo d'avventura.

Ti interessa questo libro? Chiedici la disponibilità